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L’utilisation judicieuse des technologies : les implications pour les élèves

Par Fannie Rivet

(dernier article de 3)

Favoriser une utilisation judicieuse de la technologie est véritablement au coeur de la démarche et de la mission de Classo. Mais qu’est-ce que ça signifie au juste? Le présent billet de blogue, dernier d’une série de trois, vous propose une réflexion sur la question et s’attarde aux implications pour les élèves, les acteurs au centre du débat.

Vous n’avez pas encore lu le premier article de blogue sur l’utilisation judicieuse des TIC pour les enseignants? C’est par ici. Pour le deuxième article portant sur les gestionnaires scolaires et autres éducateurs, c’est par ici.

La parution du Cadre de référence de la compétence numérique par le gouvernement a ranimé un débat qui perdure depuis le début des années 2000: quelle place doit-on donner aux technologies de l’information et de la communication à l’école? La question mérite une longue et profonde réflexion, car le cadre de référence a une double vocation. En effet, contrairement au référentiel de compétences professionnelles, il ne concerne pas uniquement les enseignants, mais aussi les élèves.

Un changement de perspective

Il y a près de trente ans, l’invention d’Internet est venue bouleverser les communications, la recherche et le partage d’information et même, tranquillement, l’éducation. Nous sommes en effet entrés dans l’ère numérique, révolution industrielle mondiale, et les technologies sont là pour rester, incluant à l’école. Le débat se poursuit pourtant entre ceux qui affirment que les technologies y ont leur place, car elles aident les élèves de plusieurs manières, et ceux qui croient le contraire, comme Ariane Krol dans cet article de La Presse, critiquant l'omniprésence des écrans dans la vie des jeunes. Avant de s'interroger sur les possibles bienfaits des technologies sur les apprentissages des élèves, il faut considérer le fait que la majorité de ceux qui fréquentent le secondaire (et une bonne partie des plus jeunes) utilisent quotidiennement différents appareils technologiques (ordinateur, cellulaire, TNI, lecteur MP3, etc.), appareils avec lesquels ils entrent en contact dès l'enfance. Ne serait-ce que pour cela, on doit enseigner le bon usage des TIC à l'école, afin de s'assurer que les élèves prennent des décisions éclairées et judicieuses dans leurs pratiques technologiques. La question n’est donc plus pourquoi, mais comment inclure les technologies à l’école!

Des avantages pour tous les acteurs

Les études qui le prouvent, comme celle de Janice D. Yoder et Catherine M. Hochevar de l’Université d’Akron, se succèdent sans relâche depuis des années: les élèves apprennent mieux et davantage lorsqu’ils sont actifs dans leurs apprentissages. Cela implique un renversement de la classe telle que nous la connaissons et une gestion de classe différente de celle des classes traditionnelles, où les élèves, plutôt passifs, sont assis en rangées bien droites, armés d’un crayon et d’un cahier Canada. Aujourd’hui, on doit privilégier les approches d’apprentissage actif où les élèves travaillent en collaboration. Utiliser les TIC de manière judicieuse, donc organisée, encadrée et planifiée, entre dans cette vision socioconstructiviste de l’éducation.

Les bénéfices de l’usage des TIC pour les éducateurs sont nombreux, mais ceux pour les élèves aussi. D’abord, l’inclusion des technologies en classe suscite un engagement plus important de leur part et une hausse de leur motivation qui s’explique par la variation des méthodes pédagogiques, très appréciée par les enfants et adolescents. Et ce ne sont pas les méthodes qui manquent, comme on peut le constater dans ce document de Bernard Gagnon, un conseiller pédagogique TIC du Cégep de St-Félicien, qui a rassemblé 53 méthodes pédagogiques différentes! Les élèves peuvent maintenant réaliser des projets multimédias et multidisciplinaires facilement parce qu’ils ont accès à des outils qui leur facilitent la tâche.

La technologie en soutien aux défis d’apprentissage

Pour les élèves ayant des troubles d’apprentissage, l’école représente un défi de taille et est trop souvent une source de découragement et de perte de motivation. Pour contrer cela, les technologies peuvent être mises en place pour soutenir leurs efforts et leur prêter assistance, comme par exemple, des ordinateurs, des correcteurs automatiques ou des logiciels de synthèse vocale. Il existe aussi maintenant plusieurs polices de caractères spécialement conçues pour les élèves dyslexiques.

Les bonnes pratiques des uns pour le succès de tous

Pour développer un usage judicieux des technologies chez les élèves, il faut d’abord leur enseigner les pratiques sécuritaires. Les jeunes ont besoin d’être encadrés et supervisés quand ils utilisent certaines technologies, c’est pourquoi il faut leur enseigner à protéger leurs informations, à se méfier des inconnus (autant les gens que les jeux, les logiciels et les réseaux sociaux!), et à traiter les autres avec respect, car les paroles s’envolent, mais les écrits restent. Si on leur a montré à un très jeune âge à être prudents avec le contenu qu’ils consultent et partagent, ils pourront plus facilement développer un esprit critique face aux médias et aux technologies dont ils usent. Ils se questionneront quant à savoir si ce qu’ils veulent partager risque d’entrainer des conséquences négatives pour eux-mêmes ou autrui. Ils développeront un usage éthique du numérique et, avec leur opinion réfléchie et étudiée, ils sauront s’informer sur les différents outils et ressources à leur disposition afin de choisir ceux qui sont les plus appropriés.

De plus, les outils pédagonumériques devraient supprimer de nombreuses contraintes matérielles et favoriser le développement de la créativité chez les élèves. Un enseignant veut évaluer des présentations orales? Pourquoi ne pas permettre aux élèves de tourner un film? On étudie une certaine époque en histoire? Profitons-en pour aller visiter des musées virtuels rassemblant des œuvres de cette ère. Les technologies ont ouvert les portes du possible aux enseignants branchés et aux élèves curieux.

Que ce soit l’enseignant ou l’éducateur spécialisé, un éducateur doit se charger de l’enseignement explicite de l’usage des outils pédagogiques pour qu’ils deviennent bénéfiques aux apprentissages des élèves. Progressivement, avec l’expérience, ceux-ci pourront évaluer si les appareils qu’ils utilisent agissent comme facilitateurs ou, au contraire, s’ils représentent une tâche ardue de plus à accomplir. Pour qu’une technologie soit efficace à l’école, elle doit alléger les difficultés ou faire gagner du temps. Si ce qu’on met en place ne répond ni à l’un ni à l’autre, il faut réviser ses stratégies numériques!

L’élève branché déconnecté

Finalement, un élève qui fait une utilisation judicieuse des technologies et autres ressources numériques sait qu’il faut parfois se déconnecter et profiter d’autres choses, c’est ce qu’on appelle la variation des méthodes pédagogiques, et, si l’élève peut avoir un certain contrôle sur comment il apprend, il s’en trouvera d’autant plus motivé. Les élèves, accompagnés de leurs parents et de leurs éducateurs, doivent trouver un juste équilibre entre les technologies et les autres activités en tenant compte des impacts négatifs que peuvent avoir les écrans sur les capacités d’attention des jeunes, sur leur santé psychologique et sur leur santé physique.

Pour en savoir plus sur les risques pour la santé liés à l’utilisation abusive des technologies, vous pouvez lire cet article de l’Obs sur le sujet, rapportant les résultats d’une étude.

Pour plus d’information sur l’apprentissage actif, vous pouvez consulter la banque de données du site Web de SALTISE, qui regroupe des études empiriques et qualitatives.

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