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L’utilisation judicieuse des technologies : les implications pour les enseignants

par Fannie Rivet

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Favoriser une utilisation judicieuse de la technologie est véritablement au coeur de la démarche et de la mission de Classo. Mais qu’est-ce que ça signifie au juste? Le présent billet de blogue, premier d’une série de trois, vous propose une réflexion sur la question et s’attarde aux implications pour les enseignants.

La parution du Cadre de référence de la compétence numérique par le Ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur du Québec (MEES) a ranimé un débat qui perdure depuis le début des années 2000: quelle place doit-on donner aux technologies de l’information et de la communication à l’école? Certains, comme Normand Baillargeon, prônent la prudence et la restriction dans leur usage pour assurer le bien-être psychologique des élèves, en se basant sur les résultats de recherche montrant les risques liés au stress, à l’anxiété et à la dépression chez les jeunes. D’autres, comme Marie-Claude Gauthier, relativisent les résultats des recherches en éducation, stipulant que celles-ci ne considèrent les technologies du XXIe siècle que dans l’angle des pratiques pédagogiques du XXe (et XIXe siècle!), sans tenir compte des opportunités nouvelles de collaboration entre les élèves, de recherche documentaire efficace et de rétroaction personnalisée. Depuis longtemps, Thierry Karsenti, un éminent chercheur en éducation, s’intéresse quant à lui à l’application des technologies de l’information à l’école. Pour lui, la question n’est plus pourquoi devrait-on les intégrer, mais bien comment, car les bénéfices pour les élèves sont nombreux. L’arrivée des TIC à l’école a pris du temps, devant faire face à de nombreux sceptiques croyant davantage aux méthodes traditionnelles. La technologie est pourtant là pour rester, surtout dans le milieu de l’éducation. Déjà en 2010, une étude auprès de 500 administrateurs scolaires de partout dans le monde affirmait que les technologies transformeraient l’éducation, puisque la société elle-même se voyait transfigurée par le numérique.

Les profs ont toujours eu à se démener pour obtenir l’attention de leurs élèves, et plus encore aujourd’hui qu’il existe des machines portatives connectées à Internet qui se glissent discrètement dans une poche. Quand on parle d’utilisation judicieuse des technologies en éducation, on comprend donc que ce sont les enseignants qui se retrouvent au front chaque jour. Alors comment un enseignant peut-il, en 2019, faire un usage judicieux des technologies et, par le fait même, encourager les enfants et adolescents dont il s’occupe à adopter des pratiques positives?

Prudence est mère de sûreté…

Il faut d’abord comprendre que les enseignants seront toujours réticents à mettre en place une nouvelle technologie qu’ils n’ont pas auparavant testée en classe ou appris à maîtriser eux-mêmes. C’est normal! Les enseignants ont à cœur la réussite de leurs élèves, et superviser une trentaine de jeunes pour s’assurer qu’ils ne s’égarent pas uniquement du côté ludique de la technologie est un défi de taille. C’est pourquoi le premier point à considérer serait d’utiliser les outils qu’on connaît déjà et qui sont aisément accessibles. Pour que l’utilisation des technologies soit bénéfique pour les élèves, il ne suffit pas d’inclure des équipements dans leur quotidien, il faut aussi planifier les intentions pédagogiques. Autrement dit, l’enseignant doit se demander: “Quels avantages cette technologie apporte-t-elle à mes élèves? À mon travail?”. En effet, puisque la technologie est un moyen pour soutenir l’apprentissage et encourager la motivation en variant les moyens pédagogiques, les enseignants ne sont pas obligés d’innover à chaque fois qu’ils veulent sortir les ordinateurs ou qu’ils allument le TNI.

Encore une fois : il est tout à fait acceptable de commencer par utiliser les outils avec lesquels on se sent à l’aise!

...Mais qui n’ose rien n’a rien!

Toutefois, il faut parfois oser et expérimenter, c’est dans la nature même du métier d’enseignant que d’innover et chercher à se perfectionner! Bien que le sentiment de maîtrise d’un outil soit très rassurant pour les enseignants (surtout ceux en début de carrière!), ils doivent se tenir au courant des nouvelles technologies et tenter d’inclure de nouvelles pratiques. C’est non seulement bénéfique pour les enseignants, qui apprennent à enseigner hors de leur zone de confort, mais aussi pour les élèves, qui constatent qu’on continue d’apprendre à l’âge adulte et qu’on a le droit à l’erreur.

Petit train va loin!

Bien sûr, personne ne demanderait aux enseignants de se jeter dans l’expérimentation du numérique sans préparation. Pour choisir des outils numériques, il faut se baser sur certains critères comme les données probantes, car un enseignement basé sur les résultats des recherches en éducation est assurément plus efficace qu’un enseignement plutôt « instinctif ». De plus, les enseignants qui en ont la possibilité devraient aller suivre les formations offertes par les commissions scolaires et les universités sur les différents outils numériques disponibles, voire déjà intégrés au système informatique de leur commission scolaire.

Un processus formateur et non un miracle clé en main

Il ne faut pas non plus tenir pour acquis que les élèves, nés à l’ère du numérique, savent comment fonctionnent les outils qu’on met à leur disposition. Au contraire! S’ils savent pour la majorité jouer à des jeux, publier des photos sur Instagram ou encore partager des mèmes, peu savent comment copier-coller des informations, utiliser les raccourcis du clavier et enregistrer des données sur une clé USB. De fait, les élèves ont besoin d’un enseignement explicite de l’usage judicieux et adéquat des technologies. Une fois l’enseignement complété et les élèves au travail, les enseignants pourront évaluer les ressources mises en place afin de s’assurer qu’elles répondent aux besoins particuliers de chaque élève. Après tout, les technologies devraient être stimulantes et motivantes pour les élèves, et non pas représenter une difficulté supplémentaire dans la réalisation de la tâche. Par ailleurs, les enseignants futés mettront en place des technologies pour fournir davantage de rétroaction aux élèves sur leurs travaux, exercices et examens.

Entrer et sortir du cadre

Finalement, la mise en œuvre des technologies en classe représente un jeu d’essai-erreur qui peut être angoissant pour les enseignants. Nous leur conseillons donc d’y aller avec parcimonie : choisissez moins de ressources ou d’outils à utiliser, mais choisissez-les mieux. Trouvez un équilibre entre l’enseignement traditionnel et l’usage des technologies, car c’est la variété qui plaît aux élèves et les intéresse. En conclusion, pour l’enseignant, l’utilisation judicieuse des technologies en classe doit lui permettre de gagner du temps, d’organiser les contenus à enseigner ou de varier les approches pédagogiques afin d’offrir un éventail de méthodes structurées pour optimiser les apprentissages des élèves. L’enseignant qui voudra inclure les TIC dans son cours devrait se baser sur le Cadre de référence de la compétence numérique du MEES paru au printemps 2019 qui dresse la liste des compétences numériques que les élèves et les enseignants doivent développer pour devenir des citoyens de demain.

Pour explorer davantage :

Pour plus d’informations sur l’usage des TIC en enseignement pour les élèves ayant des troubles d’apprentissage, nous vous invitons à aller lire le module de TA@l’école.

À venir : les implications pour les directions, gestionnaires et les répondant(e)s TIC,
sans oublier bien sûr les implications pour les élèves.

1 thought on “L’utilisation judicieuse des technologies : les implications pour les enseignants

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