La chasse aux trésors – 2e partie : Comment discerner une bonne ressource pédagogique?

En novembre 2017, en Sicile, un groupe d’archéologues avaient comme projet de cartographier les bunkers de la Seconde Guerre mondiale. Ils sont tombés par hasard sur une grosse pierre percée d’un trou. Ils ont d’abord cru qu’il s’agissait d’un simple rocher. En poussant leurs recherches plus loin, il s’est avéré qu’ils venaient de mettre au jour un calendrier vieux d’environ 5 000 ans édifié sur un lieu sacré rappelant le Stonehenge dans le Wiltshire, merveille classée au patrimoine mondial de l’Unesco! Comme quoi il n’est pas toujours facile de déterminer la valeur d’une découverte au premier coup d’œil.

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Dans le précédent article de blogue, j’abordais l’aspect de la curation de contenus en utilisant l’analogie d’une chasse aux trésors. J’y mentionnais quelques critères pouvant servir, en quelque sorte, de « carte » pour repérer des ressources pédagogiques intéressantes à présenter sur le site de Classo. Cependant, ces seuls critères ne suffisent pas pour déterminer la qualité d’une ressource. Alors comment discerner les bonnes ressources pédagogiques? Qu’est-ce qui caractérise une ressource pédagogique de qualité? Sans surprise, les réponses à ces questions sont multiples. Et comme l’illustre l’anecdote des archéologues, il est important de considérer les choses sous plusieurs angles.

Les évaluations rédigées par des experts ou par des professeurs, disponibles sur certains sites qui répertorient des ressources, peuvent donner un aperçu de leur qualité. Cependant, ces appréciations sont hautement subjectives. Il suffit de lire différentes évaluations d’une même ressource pour comprendre que ce qui peut s’avérer excellent pour un enseignant, peut être perçu complètement différemment par un autre.

Certains articles sur le sujet nomment des indicateurs de qualité. Dans un texte publié sur le site du Royal Chemistry Society, Stephen Hessey qualifie une bonne ressource pédagogique comme étant précise, utile, efficace et pertinente. Par « précise », il explique que les informations présentées doivent être exactes, justes et cohérentes. Selon l’auteur, une ressource est « utile » lorsqu’elle est proposée dans un format adaptée à son contenu. Par exemple, il sera plus « utile » d’utiliser la vidéo aux fins d’une démonstration. Stephen Hessey indique également qu’une ressource éditable ou modifiable par l’enseignant se révèle souvent d’une plus grande utilité qu’une ressource qui ne l’est pas. Toujours au sujet de la notion d’utilité, il considère qu’une ressource est davantage utile si elle est accompagnée d’un guide pédagogique. Une ressource peut ensuite être considérée « efficace » lorsqu’elle n’exige pas de longue préparation pour avoir un impact positif sur les apprentissages des élèves. Finalement, une ressource est considérée « pertinente » lorsqu’elle s’inscrit dans un programme d’enseignement. Stephen Hessey considère aussi qu’une ressource pédagogique est davantage crédible, lorsque son origine et ses créateurs sont clairement identifiés.

D’autres auteurs et chercheurs considèrent que les données statistiques et les évidences scientifiques sont les sources qui valent pour établir la qualité d’une ressource pédagogique. Selon eux, l’utilisation de résultats de recherche dans le processus de décision et de déploiement de ressources numériques serait une façon d’éviter que des budgets soient dépensés pour des produits qui, au bout du compte, ne répondraient pas aux besoins.

Un point de vue intéressant est exprimé par Katrina Stevens, ancienne directrice adjointe au département des technologies de l’éducation sous l’administration Obama et aujourd’hui directrice des sciences de l’apprentissage à la Chan Zuckerberg Initiative. Dans son article dont le titre traduit librement se lirait « Envisager les achats technologiques en éducation comme on fait l’achat d’une voiture? » (Can We Make Purchasing Classroom Tech More Like Buying A Car?), elle précise qu’au-delà des informations disponibles, des données et des statistiques, il y a aussi une question de contexte : what works for whom in what context. Cette affirmation tient compte du fait que chaque enseignant a bien sûr sa propre personnalité, son propre style. Chaque enseignant privilégie les stratégies d’enseignement qui lui conviennent dans son contexte de classe.

Donc qu’est-ce qu’une bonne ressource pédagogique? On pourrait conclure qu’il s’agit d’une ressource qui corresponde aux besoins d’un enseignant et de sa classe. Un outil qui lui permettra d’atteindre, même de dépasser les objectifs d’apprentissage, tout en favorisant l’engagement des élèves.

À qui devrait revenir le choix des ressources numériques? Comment aider les éducateurs à choisir les meilleures ressources qui correspondent à leurs besoins et à ceux des élèves? Ces questions sont au cœur de la solution développée par Classo et seront abordées dans nos prochains articles de blogue.

Ne manquez pas de revenir nous lire !

 

Sources et inspirations :

Royal Chemistry Society : What Makes A Good Teaching Resource

WCET Frontiers : Research In Edtech Decision Making

Katrina Stevens : Can We Make Purchasing Classroom Tech Like Buying A Car?

1 thought on “La chasse aux trésors – 2e partie : Comment discerner une bonne ressource pédagogique?

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